Mon travail de recherche interroge étudie les enseignements du design sur la production et la circulation des savoirs. Mes réflexions portent sur la manière dont la conception de systèmes de signes pour la recherche universitaires nous renseigne sur l’évolution des méthodes et pratiques scientifiques. Ces recherches s’articulent autour de la création d’un caractère typographique pour la transcription des hiéroglyphes égyptiens. Dans cette recherche, menée en collaboration avec le LaBex Archimede de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, je développe une pratique où le processus de normalisation des signes interroge les modèles de représentations sanctionnés par l’usage et l’histoire de la discipline. Ce travail me permet de réfléchir à la manière dont la forme graphique du discours opère une distribution de la légitimité entre discours appartenant au champ égyptologique, et discours qui en sont exclus.

Ce travail a débuté en octobre 2015 au sein de l’Atelier national de recherche typographique, et s’inscrit dans le cadre de la création du VÉgA [VÉgA], premier dictionnaire évolutif de l’égyptien ancien, développé par le LaBex Archimede sous la direction du Professeur Frédéric Servajean. La réalisation de ce caractère doit beaucoup au travail de collecte de sources et d’échange autour des formes mené par Charlène Cassier, docteure en égyptologie de l’UPVM et ancienne collaboratrice scientifique au VÉgA (octobre 2015 – décembre 2018).

 

Je formalise ces réflexions dans le cadre d’une recherche doctorale en design et égyptologie (Université de Nîmes — Université Paul-Valéry Montpellier 3). Cette thèse de doctorat, intitulée «Le dessin typographique comme prisme d’analyse des pratiques égyptologiques : l’étude des caractères typographiques pour la transcription des hiéroglyphes égyptiens, un observatoire des évolutions méthodologiques et épistémologiques de l’égyptologie» étudie particulièrement la manière dont la pratique du design constitue un discours critique de méthodes scientifiques. La réflexion autour du projet est inscrite dans une perspective historique par l’étude du caractère hiéroglyphique gravé à l’Imprimerie nationale (1842-1852). La comparaison diachronique des méthodes de normalisation à l’œuvre, mais aussi de présentation, de restitution du caractères constituent le socle d’une réflexion sur la pratique du design au service de la recherche universitaire.